OTAN

 
Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN)

La Belgique est un membre fondateur de l'Alliance atlantique, qui a vu le jour lors de la signature du Traité de l'Atlantique Nord à Washington le 4 avril 1949. L'adhésion de la Belgique s'inscrit dans le choix politique d'assurer la sécurité et la défense de notre pays dans un cadre multilatéral, l'OTAN étant la pierre angulaire de la défense du territoire. En 2019, l'OTAN a célébré son 70e anniversaire avec une réunion des ministres des Affaires étrangères à Washington et des chefs d'État et de gouvernement à Londres. L'OTAN est ainsi une des alliances les plus anciennes de l'histoire.

Dans l'architecture de sécurité européenne actuelle, il n'existe aucune alternative qui puisse assurer l'objectif de défense de notre pays. La Belgique attache une grande importance à la nature collective et défensive de l'Alliance, telle qu'elle est consacrée par l'article 5 du traité de Washington. Aujourd'hui, l'Alliance est la garantie de la défense des valeurs et des principes communs sur lesquels notre société est bâtie.

Au sein de l'OTAN, la coopération transatlantique et la consultation en matière de sécurité et de défense entre les alliés européens, les États-Unis et le Canada, sont essentielles, La Belgique se positionne comme un partenaire solidaire et crédible et plaide également pour que l'Alliance continue à répondre de manière appropriée aux nouveaux défis et menaces.

Selon le Concept stratégique (Lisbonne, 2010), l'Alliance remplit 3 tâches principales (voir http://www.nato.int/cps/en/natohq/official_texts_68580.htm) :

  1. la dissuasion et la défense collective ;
  2. la gestion de crise ;
  3. la coopération dans le domaine de la sécurité (sécurité coopérative).

Les tâches principales de l'Alliance ont chacune leur importance. Vous trouverez plus d'informations sur la structure de l'OTAN, son fonctionnement, ... sur le site Internet officiel https://www.nato.int/cps/fr/natohq/index.htm.

L'environnement de sécurité européen a négativement évolué au cours de ces dernières années. À l'Est, on assiste à la montée d'une Russie affirmée et au Sud, au renforcement du terrorisme et de l'instabilité. Ces évolutions sont préoccupantes et soulignent l'importance de l'adhésion à l'organisation de défense pour notre sécurité.

 
Une discussion sur les trois principales tâches susmentionnées de l'OTAN est insérée ci-dessous :

 
1. Dissuasion et défense collective

Depuis 2014, la dissuasion et la défense collective sont de nouveau au cœur des activités de l'OTAN. L'annexion illégale de la Crimée (2014) et l'ingérence russe dans le Donbas déstabilisent l'Est. Par ces actions, la Russie viole les piliers centraux de l'architecture de sécurité européenne tels que l'Acte final d'Helsinki (1975) et la Charte de Paris (1990). Les actions hybrides menées par la Russie au moyen de cyber-attaques, d'actions de renseignement ou d'ingérence dans les élections nationales, entre autres, s'inscrivent dans cette optique. Les investissements russes dans les capacités militaires, les exercices répétés, à grande échelle et non annoncés, la rhétorique nucléaire agressive et l'abaissement du seuil nucléaire, demeurent préoccupants. On s'inquiète également du fait que la Russie ne respecte plus l'accord sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI) en installant des missiles dépassant la portée maximale autorisée.

L'importance accrue de la première tâche principale se reflète dans la Enhanced Forward Presence et la tâche de Enhanced Air Policing dans l'espace aérien des États baltes à laquelle la Belgique participe régulièrement. Les engagements pris en matière de dépenses de défense (Pays de Galles, 2014) et de résilience nationale (Varsovie, 2016) en sont une autre manifestation. Les États membres devraient, conformément à l'engagement qu'ils ont pris lors du sommet du Pays de Galles, augmenter leurs dépenses de défense afin d'atteindre 2 % à l'horizon 2024 et répondre au besoin collectif d'investissements accrus dans les capacités. Au sein de l'OTAN, la Belgique préconise une approche équilibrée du partage du fardeau , qui tient également compte des contributions concrètes sur le terrain.

 
2. Gestion de crise

L'augmentation du nombre d'opérations et de missions en dehors de son propre territoire fait partie de la deuxième tâche principale de la gestion des crises. Habituellement, ces opérations et missions relèvent d'un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, privilégié par notre pays. L'Alliance peut soit intervenir en qualité d'acteur principal, soit contribuer aux efforts plus larges de la communauté internationale.

Les opérations et missions actuelles de l'OTAN sont la Resolute Support Mission en Afghanistan, le KFOR au Kosovo, la Mission de formation de l'OTAN en Irak et les activités en mer Égée contre la migration irrégulière (plus d'informations en la matière sont disponibles sur le site Internet de l'OTAN : https://www.nato.int/cps/en/natohq/68147.htm#crisis).

Les Counter Hybrid Support Teams créées, par les chefs d'État et de gouvernement (2018), devraient pouvoir fournir une assistance ad hoc aux alliés touchés en cas de crise hybride. Dans des situations hybrides, les États souverains individuels continuent d'assumer la responsabilité première, bien que l'article V du Traité   de Washington puisse être invoqué en cas d'attaque hybride.

Au cours de ces dernières années, notre pays s'est efforcé d'améliorer l'échange d'informations dans le contexte du terrorisme, notamment l'échange de données biométriques et de bonnes pratiques. Ce faisant, l'OTAN répond au souhait des chefs d'État et de gouvernement d'être plus actifs dans la lutte contre le terrorisme, là où elle peut apporter une valeur ajoutée.

 
3. Coopération dans le domaine de la sécurité (« cooperative security »)

L'OTAN coopère sous diverses formes avec plus de 40 pays partenaires, notamment le Partenariat euro-atlantique, le Conseil OTAN-Russie, la Commission OTAN-Ukraine, la Commission OTAN-Géorgie, le Dialogue méditerranéen et l'Initiative de coopération d'Istanbul. L'Alliance coopère également avec des partenaires d'autres régions du monde (Partners around the Globe).

L'objectif de la coopération est d'améliorer notre propre sécurité et notre défense par le dialogue et la coopération, ainsi que par une plus grande transparence, une meilleure compréhension mutuelle et une plus grande sécurité.

En ce qui concerne les relations avec la Russie, la Belgique continue (dans l'esprit de la doctrine Harmel, 1967) de souscrire à la double approche, à savoir une dissuasion militaire crédible combinée à un dialogue politique pouvant conduire à la détente.

Avec l'initiative de Defence and security related Capacity Building (DCB), l'OTAN vise à renforcer les capacités et la résilience de certains partenaires en adaptant davantage la coopération à leurs besoins spécifiques. Dans cette projection de la stabilité vers les pays partenaires, la Belgique soutient activement l'Irak, la Jordanie et la Tunisie. La Belgique a également coopéré avec la Géorgie dans le cadre de la DCB.

 
Vous trouverez ci-dessous un bref commentaire sur les sujets actuellement à l'ordre du jour de l'OTAN :

 
L'UE est un partenaire stratégique de l'OTAN. Une coopération transparente et sans faille entre l'OTAN et l'UE, et qui se renforce mutuellement, est une priorité pour la Belgique. En ce qui concerne l'OTAN, l'UE est un acteur complémentaire dans le domaine de la sécurité et de la défense, ayant l'ambition de prendre davantage de responsabilités dans la résolution de certaines crises, certainement à la périphérie de l'Europe. Aujourd'hui, l'UE et l'OTAN entretiennent un dialogue politique régulier et les deux organisations coopèrent dans 7 domaines stratégiques : 1) menaces hybrides ; 2) opérations ; 3) cybersécurité et défense ; 4) capacités de défense ; 5) industrie et recherche de défense ; 6) exercices et 7) soutien au renforcement des capacités des partenaires de l'Est et du Sud. Les ministres des Affaires étrangères ont ajouté la lutte contre le terrorisme, la mobilité militaire et les femmes/la paix/la sécurité (RCSNU 1325).

En outre, les Alliés mènent une politique de la porte ouverte, en vertu de laquelle les pays qui le souhaitent et qui remplissent certains critères peuvent adhérer. Cette politique a débuté en 1952 avec l'adhésion de la Grèce et de la Turquie ; la Macédoine du Nord est pour l'instant la dernière dans la file (2020), ce qui implique que l'OTAN compte désormais 30 membres.

Le désarmement et la non-prolifération sont également des préoccupations centrales. La Belgique soutient avec force tous les efforts crédibles et ciblés en vue d'un désarmement efficace, réciproque et vérifiable dans le monde, tant dans le domaine nucléaire que conventionnel. Le Concept stratégique de l'OTAN réaffirme son engagement à créer les conditions d'un monde sans armes nucléaires, tout en affirmant que, tant que les armes nucléaires existeront, l'OTAN demeurera une alliance nucléaire. La Belgique soutient activement les accords existants en matière de contrôle des armes conventionnelles et nucléaires et adopte une approche constructive à l'égard d'éventuels instruments futurs.

Children and Armed Conflict (RCSNU 1612). Depuis 2011, notre pays dirige un groupe informel de pays amis, ce qui a permis une meilleure prise de conscience de la problématique des enfants et des conflits armés dans les structures et les procédures de l'OTAN. En 2015, grâce à l'insistance de la Belgique, l'OTAN a adopté une politique qui se concentre  sur le soutien au mandat de l'ONU en termes de formation nécessaire des troupes confrontées sur le terrain à de graves exactions contre les enfants.

Women Peace & Security (WPS) (RCSNU 1325). La promotion des femmes/de la paix/de la sécurité au sein de l'OTAN est un autre point d'action important de la Belgique. Ces initiatives de l'Alliance bénéficient également du soutien politique et réel de la Belgique, ce que les alliés apprécient particulièrement. La WPS est essentielle pour la mise en œuvre des valeurs fondamentales de l'OTAN, en particulier la liberté individuelle, la démocratie, les droits de l'homme et nos obligations en vertu de la Charte des Nations Unies. Ces valeurs communes et ces obligations internationales signifient que les femmes ne peuvent participer pleinement à la société que si leurs droits sont respectés. Trois piliers sont ciblés : l'intégration, l'inclusion et l'intégrité.

La Belgique ne prend pas à la légère son rôle de pays hôte du quartier général (civil-militaire) de l'OTAN à Bruxelles (Haren/Evere) et du commandement militaire du SHAPE à Mons et apporte loyalement le soutien mutuellement convenu.

Le dernier état des lieux des différents dossiers de l'OTAN peut être lu dans le Communiqué du dernier sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN qui s'est tenu à Bruxelles en 2018. Veuillez cliquer sur ce lien pour le consulter : https://www.nato.int/cps/en/natohq/official_texts_156624.htm?selectedLocale=en

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