Cyberdiplomatie

 

La numérisation sans cesse croissante de notre société, qui a connu une nouvelle accélération en raison du récent COVID-19, nous confronte à d’importantes questions sociales, économiques mais aussi géopolitiques. Le cyberespace est devenu une réalité qui influence fortement notre politique étrangère et nos intérêts nationaux. Autrefois une question technique (communication entre réseaux techniques sans rôle majeur joué par les États), la gestion du cyberespace est devenue un point de discussion géopolitique majeur. Il en va de même pour plusieurs nouvelles technologies qui apparaissent au sein de notre société. La 5G, l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, le blockchain et bien d’autres éléments ont un impact potentiel considérable sur les rapports de force et l’économie à l’échelle mondiale. Les analyses et opinions varient à travers le monde quant à l’approche adéquate vis-à-vis des géants technologiques, de la régulation du vaste marché numérique, de la relation entre le citoyen et l’État, de la (dé)militarisation du cyberespace ou de la protection des droits de l’homme. Les pays n’ont d’autre choix que d’engager le dialogue et de chercher à coopérer : le cyberespace est, par définition, transfrontalier. Une approche (pro)active s’impose si nous voulons protéger nos valeurs et nos intérêts dans un contexte nouveau en constante évolution. La diplomatie a donc un rôle important à jouer dans nombre d’organisations et instances.

 
1. L’Union européenne

Notre pays participe activement aux discussions relatives à l’avenir numérique de l’Union européenne (https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/content/european-digital-strategy), dont l’importance pour notre prospérité et notre position au niveau mondial ne saurait être surestimée. Dans ce cadre, de nouvelles initiatives sont annoncées en matière de 5G, de sécurité de nos infrastructures de réseau, d’intelligence artificielle et d’autres thèmes encore.

Dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune, l’UE a élaboré une boîte à outils diplomatique qui doit permettre d’apporter une réponse énergique aux (potentielles) attaques. En recourant aux instruments diplomatiques et économiques, l’ UE a tenté de dissuader et de sanctionner les attaques perpétrées par d’autres États, mais aussi de définir les limites des comportements acceptables dans le cyberespace. 

 
2. Nations Unies

Des négociations complexes ont actuellement lieu aux Nations Unies concernant le comportement responsable des États dans le cyberespace. Alors que plusieurs pays estiment qu’un nouveau traité international est nécessaire en la matière, la Belgique, l’UE et d’autres entités pensent que nous devons avant tout nous concentrer sur la mise en œuvre de ce qui a déjà été convenu. Cela représente la plus grande valeur ajoutée à court terme pour notre sécurité et notre prospérité et nous permettra de mieux situer les éventuelles lacunes.

https://www.un.org/disarmament/open-ended-working-group/

 
3. OTAN

L’OTAN reconnaît depuis 2016 le cyberespace comme un théâtre d’opérations au même titre que la terre, la mer et les airs. La cybernétique gagne toujours plus en importance, tant au niveau tactique durant les missions qu’au niveau stratégique.

https://www.nato.int/cps/en/natohq/topics_78170.htm?selectedLocale=fr

 
4. OSCE

L’OSCE met l’accent sur la mise en place de mesures visant à instaurer la confiance entre les pays dans ce nouveau domaine. La Belgique y prend une part active.

https://www.osce.org/secretariat/cyber-ict-security

 
5. Nouvelles instances alternatives

De par sa nature, le cyberespace met les instances multilatérales établies face à des questions importantes. Quelle est, par exemple, la meilleure façon d’impliquer les acteurs non-étatiques ? En effet, ils ont un rôle central à jouer dans la gestion du cyberespace et le développement de nouvelles technologies. Il n’est dès lors pas surprenant qu’une multitude d’initiatives soient lancées et doivent systématiquement être évaluées pour leur valeur ajoutée, mais revêtent une grande importance pour orienter le débat.