Un réseau de diplomates et de fonctionnaires à l'étranger


Publié le 2 juillet 2021
 


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Saviez-vous que l'Institut Egmont à Bruxelles organise des formations pour les diplomates et fonctionnaires étrangers ? Il contribue ainsi à une meilleure efficacité à l'étranger tout en établissant un important réseau de contacts dont le SPF Affaires étrangères fait bon usage.

L'Institut Egmont - ou « Institut royal des Relations internationales » - est un groupe de réflexion indépendant situé dans le Palais d'Egmont à Bruxelles. Il y mène des recherches innovantes sur différents thèmes liés aux affaires étrangères : politique, mais aussi défense, terrorisme, climat et énergie, etc.

En parallèle, des liens historiques et financiers étroits l’unissent au SPF Affaires étrangères. Depuis 2014, par exemple, il organise de brèves formations destinées aux diplomates et fonctionnaires étrangers à la demande de notre SPF. « Tout a commencé par une démarche du ministre des Affaires étrangères de l'époque, M. Reynders », explique Julie Godin, directrice de la formation à l'Institut Egmont. « Il souhaitait une formation pour neuf diplomates issus de la RD Congo et du Congo Brazzaville ».

Le ton était donné immédiatement. Ces formations améliorent non seulement les connaissances des diplomates étrangers, mais elles créent également un réseau de contacts au sein des ministères respectifs. Selon Madame Godin : « Tout se passe dans une atmosphère très conviviale. Et c'est un beau cadeau quand un ministre en mission dans un pays ami peut offrir une formation ».
 


La formation “négociation”
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La diplomatie en pratique & l'élite administrative

L'Institut Egmont organise actuellement 7 à 8 formations par an. Le module principal traite de la « diplomatie en pratique ». L'échange de bonnes pratiques diplomatiques occupe une place centrale, mais les participants bénéficient également d'un aperçu approfondi des institutions, de la diplomatie, de la culture et de l'histoire de la Belgique. Ils se familiarisent avec les personnes de contact au sein du SPF Affaires étrangères auxquelles ils peuvent s'adresser pour divers sujets. Et ils visitent des institutions belges et internationales, comme le Parlement fédéral belge, le Service européen d'action extérieure (SEAE) et le siège de l'OTAN. Les autres modules comprennent la communication stratégique et de crise, la médiation, la négociation et les affaires européennes.

« En outre, nous voulons également renforcer l'élite administrative dans un certain nombre de pays », déclare Mme Godin. À cette fin, nous avons conclu un accord de coopération avec les Écoles nationales d'administration (ENA) du Mali, de la RD Congo et de la Guinée. Les étudiants effectuent des stages au sein des institutions fédérales belges. Dans ce cas également, le développement d'un réseau constitue un avantage indirect non négligeable. »
 

Réseau utile

Un tel réseau a bien entendu déjà prouvé son utilité. « Lorsque nous avons organisé la première formation en 2014, il restait quelques points délicats à régler avec le Congo, notamment en matière d'adoption et concernant les écoles belges. Or, il s'est avéré que l'un des participants suivait ces dossiers. Nous avons immédiatement eu un contact direct pour faire passer notre message et débloquer la situation ! ».

« Autre exemple, l'année dernière, les stagiaires de l'ENA n'ont pas été en mesure de se rendre à Bruxelles en raison de la crise du coronavirus. C'est pourquoi nous avons sélectionné les deux meilleurs stagiaires pour un stage de 3 mois au sein de l'ambassade de Belgique à Kinshasa. L'un des stagiaires travaille actuellement au sein de l'administration du président congolais. Extrêmement utile ! »
 


La Belgian Generic Training pour la gestion civile des crises
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Crises civiles

Dans un souci d'exhaustivité, il convient également de mentionner un troisième domaine de formation, à savoir la gestion civile des crises. « L'Union européenne, par exemple, fait régulièrement appel à des personnes pour participer à des missions de gestion civile des crises à l'étranger. Nous assurons une formation de base obligatoire - dite Belgian Generic Training - pour les Belges qui demandent à participer à de telles missions. Les participants viennent du SPF Justice et du SPF Affaires étrangères et de la police mais des personnes extérieures participent également, dont des militaires à la retraite. »
 

1091 participants

En 2020, les formations ont dû se poursuivre en ligne. Mais au final, 241 diplomates étrangers, anciens élèves et fonctionnaires ont suivi une formation. Pas moins de 214 participants étaient originaires d'Afrique subsaharienne : Mali, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Île Maurice, Madagascar, Éthiopie, Sénégal, Angola, etc. Les formations en présentiel demeurent toutefois l’option privilégiée. Mais il est possible qu'à l'avenir les participants continuent à bénéficier d’un coaching en ligne après la formation. Depuis 2014, un total de 1091 personnes ont déjà assisté à une formation.

Selon Mme Godin, le fait qu'un si grand nombre de personnes originaires d'Afrique subsaharienne y participent relève plutôt de la coïncidence. « Nous avons commencé par l'Afrique et le service de l'Afrique sub-saharienne au sein des Affaires étrangères a montré beaucoup d'intérêt pour ce projet. Nous avons également formé des diplomates issus de Palestine, d'Irak, d'Afghanistan et de la péninsule arabique. Cette initiative est encore relativement récente, elle peut encore évoluer dans plusieurs directions. »

 

Les femmes au pouvoir au Niger
Au Niger, l'Institut Egmont souhaite parrainer 10 femmes de premier plan dans les domaines de la défense, de la diplomatie et de la coopération au développement. Cette initiative s'inscrit dans le cadre de la célébration des 50 ans de la coopération au développement au Niger. Le budget relève du « renforcement de l'image de la Belgique » du SPF Affaires étrangères.