La Banque mondiale œuvre au redressement socio-économique pendant et après la pandémie

 

Publié le 18 mai 2020
 

Des hommes manifestants au Nigeria
© Shutterstock

 
La Banque mondiale met tout en œuvre afin d'atténuer l'impact de la pandémie de Covid-19 sur les pays pauvres. Nathalie Francken nous l’explique de manière claire et limpide.

La Banque mondiale est la plus grande institution mondiale œuvrant dans la coopération au développement. Objectif : (1) éradiquer l'extrême pauvreté à l'horizon 2030 (objectif 3 %) et (2) garantir une croissance durable qui profite également aux 40 % les plus pauvres de la population.

Elle essaie d'atteindre cet objectif via ses 5 instiutions (voir l'encadré ci-dessous). Via la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l'Association internationale de développement (AID), elle fournit une assistance technique et des prêts (peu onéreux) et dons aux institutions publiques des pays en développement. La Société financière internationale (SFI) et l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) soutiennent les entreprises privées.

 
Une récession sans précédent

La Banque mondiale estime que la pandémie du Covid-19 provoquera une récession mondiale d'une gravité et d'une durée sans précédent. Notre compatriote, Nathalie Francken, directrice adjointe à la Banque mondiale, déclare depuis Washington : « Les calculs provisoires démontrent que l'économie mondiale affichera un repli de 87 000 milliards de dollars à 83 000 milliards de dollars en 2020 ». « Cela signifie un recul de 4 000 milliards de dollars ou un montant supérieur au PIB combiné de toute l'Amérique latine ! Cette grave contraction de l'économie mondiale se traduira par une augmentation de la pauvreté dans le monde ».
 

Nathalie Francken
Nathalie Francken

 
La pandémie compromet donc les objectifs mêmes de la Banque mondiale : éradiquer l'extrême pauvreté et promouvoir une croissance inclusive. Nathalie Francken déclare : « L'extrême pauvreté mondiale - à savoir la proportion de la population mondiale vivant avec moins de 1,9 dollar par jour - passera à 8,6 % en 2020 contre 8,2 % en 2019 . Cela représente 40 à 60 millions de personnes supplémentaires vivant dans l'extrême pauvreté. »

 
Sauver des vies

La Banque mondiale adapte donc sa stratégie. Dans un premier temps, elle souhaite allouer 14 milliards de dollars pour contenir la pandémie. Objectif principal : sauver des vies. Nathalie Francken ajoute : « Cela nous permettra de soutenir les pays à court terme afin de pouvoir détecter rapidement le virus, de lutter contre sa propagation et d'acheter des fournitures médicales telles que des gants, des masques et des respirateurs portables. L'ensemble du secteur de la santé sera également soutenu, par exemple en construisant ou en agrandissant des établissements de soins cliniques et en formant des prestataires de soins de première ligne. Un soutien sera également apporté à la protection sociale. »

 
La relance économique et sociale

Dans un deuxième temps, 150 à 160 milliards de dollars seront dépensés au cours des 15 prochains mois et un total de 330 à 350 milliards de dollars au cours de la période allant jusqu'à la fin du mois de juin 2023. Les fonds seront utilisés pour la relance sociale et économique. « Nous voulons ainsi protéger les plus pauvres et les plus vulnérables. Mais le soutien du secteur privé (essentiellement des PME) et de la création d'emplois est également crucial. La reprise doit également être résiliente et durable. »

La Banque mondiale aide également les pays à accéder aux fournitures médicales dont ils ont un besoin urgent. Elle le fait en contactant les fournisseurs au nom des gouvernements et apportant une aide via des appels d'offres publics. « En achetant du matériel médical pour plusieurs pays simultanément, la Banque mondiale peut tirer profit de l'économie d'échelle. »

 
Fardeau de la dette

Enfin, la Banque mondiale étudie les moyens de réduire le fardeau de la dette des pays pauvres. Nathalie Francken déclare : « La Banque mondiale accorde effectivement des prêts (peu onéreux), mais de nombreux pays parmi les plus pauvres reçoivent encore 50 à 100 % de leur financement sous la forme de dons. Au total, l'AID prévoit 51 milliards de dollars de dons pour les 76 pays les plus pauvres au cours des 15 prochains mois. Cela représente 12 fois le remboursement des dettes que les pays ont contractées envers l'AID. »

Nathalie Francken conclut : « Nous pensons que nous pouvons mettre en place un ensemble solide. Avec les efforts des autres partenaires de développement, nous espérons réduire l'impact sur la pauvreté. Cela sera-t-il suffisant ? Le temps nous le dira. À court terme, nous voulons garantir la disponibilité d'un financement adéquat et ponctuel. »

L'Union européenne contribue à hauteur de plus de 22 % au capital des institutions de la Banque mondiale et en est donc un actionnaire important.

 

Qu'est-ce que la (le groupe) Banque mondiale et que fait-elle (il) ?

La Banque mondiale se compose de 5 institutions :

  1. Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD)
     
  2. Association Internationale de Développement
    La BIRD et l'AID constituent ensemble la Banque mondiale proprement dite, en particulier la composante qui fournit des prêts (peu onéreux) ou des dons, une assistance technique et d'autres aides aux institutions publiques des pays en développement. Il s'agit principalement de grands projets d'infrastructure tels que l'électrification rurale au Mali, l'amélioration des transports publics à Abidjan (Côte d'Ivoire) et l'accès à l'eau et l'amélioration des services agricoles en Somalie.
     
  3. Société financière internationale (SFI)
    La SFI accorde des prêts aux entreprises privées qui investissent dans les pays en développement et peut également participer à leur capital.
     
  4. L'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA - Multilateral Investment Guarantee Agency)
    MIGA - homologue mondiale du Credendo belge - fournit aux investisseurs privés des garanties d'investissement contre les risques politiques. Objectif : stimuler les investissements étrangers dans les pays en développement.
     
  5. Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI)
    Le CIRDI est la principale institution mondiale de règlement des différends relatifs aux investissements internationaux.