En quoi la migration peut-elle contribuer au développement et à l’égalité ?


Publié le 9 avril 2021
 

Des étudiants dans une classe
Au Maroc, 120 candidats lauréats d’une sélection très stricte ont reçu
une formation ICT de sept mois pour devenir « développeur Java ».
© Enabel - Noureddine El Goumari

 

Le phénomène de la migration est commun à toutes les époques. L’Agence belge de développement (Enabel) déploie des efforts pour faire de ce phénomène un catalyseur du développement dans l’intérêt de tous.

« Nous sommes tous des migrants », tant nationaux qu’internationaux. Les gens se sont toujours déplacés pour habiter, travailler ou étudier ailleurs. Parfois, ces déménagements relèvent d’un choix libre, dans d’autres cas, les circonstances – catastrophes naturelles, conflits, manque de moyens de subsistance… - rendent un déplacement nécessaire. Pour certains, le voyage se déroulera rapidement et sans encombre tandis que pour d’autres, la route sera longue et dangereuse. Les communautés d’accueil subiront par conséquent l’influence des afflux de migrants. Leur intégration dépendra de facteurs tels que le bagage académique, l’emploi, la culture, la langue, la faculté d’adaptation, l’expérience en matière d’accueil de migrants, le vécu des migrants, etc.
 

Des jeunes en formation
En Ouganda, tant les réfugiés que les jeunes Ougandais ont reçu
une formation pratique.​
© Enabel - Sam Deckers

 

La migration au service du développement

L’Agence belge de développement (Enabel) s’investit afin de renforcer les aspects positifs de la migration, pour les individus, les communautés et les pays. La migration doit être un choix. Elle doit pouvoir se dérouler en toute sécurité et de façon régulière et ordonnée, et contribuer au développement durable et à la lutte contre la pauvreté.

Enabel souhaite également garantir suffisamment d’autonomie et d’« inclusivité » (= intégration dans la société) pour tous, tant les migrants que les membres des sociétés qu’ils intègrent. Ce fut le cas notamment en Ouganda, où les réfugiés du Soudan du Sud, du Burundi et du Congo ont eu des opportunités de s’intégrer sur le plan socio-professionnel. Enabel a permis à de jeunes réfugiés d’accéder à des terres agricoles irriguées et les a formés afin de les aider à lancer leur propre entreprise dans le secteur agroalimentaire. Dans le cas des jeunes ougandais, Enabel a fourni une formation professionnelle et des opportunités d’emploi.

Nous donnons ci-dessous deux exemples de la façon dont Enabel a réussi à transformer le phénomène migratoire en catalyseur du développement, tant en Afrique que sur notre continent.

 

Développeurs Java pour le Maroc et la Belgique

Au Maroc, 120 candidats lauréats d’une sélection très stricte ont reçu une formation ICT de sept mois pour devenir « développeur Java ». Ce profil est très recherché au Maroc, et est reconnu comme une filière en pénurie par le service flamand pour l’emploi (VDAB). Deux tiers des candidats ont bénéficié d’une assistance dans leur recherche d’emploi au Maroc. Le dernier tiers a été orienté afin de trouver un emploi en Flandre. Pour cette raison, des aspects non techniques ont également été abordés lors de la formation, tels que la connaissance de l’anglais et une introduction à la vie en Belgique.

Le projet pilote assure donc une « migration complète » en Belgique : des postes sont créés dans les filières en pénurie. Le Maroc en tire également des bénéfices. Le service pour l’emploi marocain a en effet été renforcé, tandis qu’un groupe de chômeurs a pu suivre une formation ICT de qualité afin de trouver du travail dans leur pays.

L’Université de Gand et l’Université catholique de Louvain ont suivi le projet afin de mieux comprendre les mécanismes de la migration de main-d’œuvre. L’Union européenne, qui a financé le projet, a déjà lancé un projet similaire de plus grande ampleur en Afrique du Nord. Enabel mènera ses activités essentiellement en Tunisie et au Maroc.

 

La diaspora marocaine en Belgique investit dans son pays d’origine

Les communautés migrantes du monde entier – appelées « diasporas » – ont transféré d’importants fonds (remittances) dans leur pays d’origine. Ils partagent également leur expertise et tissent des liens. Selon les estimations, ces fonds excèdent trois fois le montant de l’ensemble de la coopération au développement et des investissements directs étrangers réunis. En 2018, les migrants ont envoyé 440 milliards d’euros vers des pays moins riches. Les familles bénéficiaires ont dès lors un meilleur accès aux soins de santé, à l’enseignement, à un logement décent, etc. Il s’agit également de l’un des aspects positifs de la migration.

Mais de nombreuses personnes dans cette diaspora ne veulent pas se limiter à envoyer de l’argent, elles souhaiteraient plutôt investir dans leur pays d’origine. La diaspora marocaine en Belgique fourmille également d’idées. Souvent, ces bonnes initiatives  n’aboutissent à rien par manque de connaissances : au sujet de la réglementation en vigueur au Maroc, du secteur des entreprises en général, des partenaires adéquats…

C’est pourquoi Enabel soutient une sélection d’investisseurs potentiels à travers un accompagnement personnalisé et des formations thématiques. Les entrepreneurs belgo-marocains pourront également obtenir des conseils via une ligne téléphonique permanente. Le projet s’inscrit dans la lignée d’une priorité politique du Maroc, qui souhaite renforcer les liens avec sa diaspora. Le pays espère ainsi accélérer le redressement économique après le COVID-19.

En bref, il ne peut – et ne doit pas non plus – être fait abstraction du phénomène migratoire. Au contraire, dans un monde plus équitable et moyennant un certain soutien, la migration contribue même à une plus grande égalité.

Enabel a mené à bien le projet en Ouganda mentionné précédemment ainsi que celui axé sur les développeurs Java avec le financement de l’UE. L’Union est un important partenaire de la Coopération belge au développement. Le financement de l’UE permet à Enabel d’acquérir plus d’expérience pour une efficacité accrue de la Coopération belge au développement. Il renforce également l’impact de la politique de développement belge.

 

ODD 10 – Objectif 10 : Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre

 

ODD 10 Inégalités réduites

 

L’inégalité constitue un important facteur d’instabilité. Pour cette raison, l’ODD 10 insiste fortement en faveur d’une société plus égale et « inclusive » : personne ne peut être mis de côté, tout le monde doit bénéficier de chances égales.
L’ODD 10.7 établit que la migration doit se dérouler de manière sûre, régulière et responsable. Ce phénomène pourra alors apporter une importante contribution au développement et au renforcement de l’égalité.
À travers les Objectifs de développement durable (ODD), les Nations Unies et la Belgique œuvrent en faveur d’un monde meilleur d’ici 2030.