UE : une alimentation équitable, saine, respectueuse de l'environnement et abordable pour tous

 

Publié le 7 juillet 2020

 
Appelbomen
© Shutterstock
 

Avec sa stratégie « de la ferme à la table », la Commission européenne a défini un plan global pour un système alimentaire résilient qui respecte les limites de la planète.

Le Green Deal doit permettre à l'Union européenne de devenir le premier continent neutre sur le plan climatique à l'horizon 2050. Pour réaliser cet objectif, l'économie circulaire (les déchets sont des matières premières) et la biodiversité doivent être protégées. Mais le système alimentaire joue également un rôle crucial.

Il doit être possible de produire de l'alimentation saine d'une manière durable qui respecte les limites de la planète et garantit un salaire équitable pour tous les travailleurs dans la chaîne alimentaire. Cette alimentation doit rester abordable pour tous les citoyens. La pandémie de Covid-19 a démontré que nous avons besoin d'un système alimentaire robuste et résilient qui peut continuer à fonctionner dans des périodes de crise.

Dans sa stratégie « de la ferme à la table », la Commission européenne a développé la méthode pour y parvenir. En voici les points principaux.

 
Un tracteur arrose un champ
L'utilisation et les risques liés aux pesticides chimiques doivent diminuer de 50 % d'ici 2030.
(© Shutterstock)

 
Production alimentaire durable

  • Les agriculteurs, les pêcheurs et les pisciculteurs doivent utiliser de manière optimale les solutions fondées sur la nature, d'une part, et la technologie de pointe, d'autre part (solutions numériques, concepts issus de l'aérospatiale, etc.).

  • Au lieu de perturber le climat, les agriculteurs et les sylviculteurs peuvent combattre le changement climatique. Par exemple, en fermentant le méthane plutôt qu’en le rejetant et en installant des panneaux solaires sur les étables. S'ils capturent le carbone net, ils ont droit à une compensation.

  • L'utilisation et les risques liés aux pesticides chimiques doivent diminuer de 50 % d'ici 2030. Cela est notamment possible en misant sur l'Integrated Pest Management, une approche qui optimise l'utilisation de la nature (ennemis naturels, sols sains, etc.) pour limiter la quantité de pesticides.

  • L'agriculture conventionnelle consomme beaucoup d'engrais (chimiques), mais seule une fraction des nutriments est effectivement absorbée par les plantes. L'excédent de nutriments pollue le sol, l'eau et l'air. La CE veut réduire la perte de nutriments de 50 % et utiliser au minimum 20 % d'engrais en moins d'ici 2030, tout en maintenant la fertilité du sol.

  • L'utilisation excessive d'antibiotiques rend certains micro-organismes résistants. Chaque année, 33.000 personnes décèdent dans l'UE pour cette raison. C'est pourquoi la CE souhaite réduire la vente d'antibiotiques pour les animaux d'élevage et la pisciculture de 50 % à l'horizon 2030.

  • L'agriculture biologique a des effets positifs sur la biodiversité, crée des emplois et attire de jeunes agriculteurs. C'est pourquoi la CE souhaite, d'ici 2030, qu'au moins 25 % des terres agricoles dans l'UE soient utilisées pour l'agriculture biologique, mais la pisciculture biologique doit également se développer. L'agroécologie et l'agroforesterie (champs + arbres) bénéficient de plus de soutien.

  • La pêche et l'élevage de poissons et de fruits de mer doivent adopter des pratiques durables. Ainsi, les prises accessoires doivent être endiguées. La CE veut miser davantage sur les algues, une source alternative et prometteuse de protéines.

  • Le secteur animalier représente à lui seul 70 % des émissions totales de gaz à effet de serre de l'agriculture, notamment à cause du méthane et de l'oxyde nitreux. La CE souhaite restreindre l'impact nocif de la production animalière, notamment grâce à des additifs dans l'alimentation pour animaux qui permettront aux animaux d'élevage d'émettre moins de gaz. La CE souhaite également favoriser la culture propre de protéines végétales et miser sur des aliments alternatifs tels que des insectes, des algues et des déchets de poisson. Cela permettra aussi de réduire les importations de soja qui sont responsables de la déforestation en dehors de l'UE.

 
Pré avec des vaches 
La CE souhaite restreindre l'impact nocif de la production animalière.
(© Shutterstock)


Chaîne alimentaire durable

Il va de soi que non seulement les producteurs, mais également toute la chaîne « de la ferme à la table » doivent adopter des pratiques durables : transformateurs de denrées alimentaires, grossistes, détaillants, horeca et catering. Pensez à des emballages écologiques, réutilisables ou recyclables, à l'efficacité énergétique et à une empreinte écologique réduite.

 
Favoriser la consommation d'aliments sains et durables

Les citoyens européens consomment encore trop de viande rouge, de sucres, de graisses et de sel. Cela entraîne une épidémie d'obésité, mais également des affections telles que des maladies cardiovasculaires et des cancers. Les céréales complètes, les légumes, les fruits, les légumineuses et les noix restent trop peu consommés. La CE souhaite y remédier avec un étiquetage clair sur la valeur nutritive, mais également sur les effets climatiques, environnementaux et sociaux des denrées alimentaires.

 
Salade

La CE veut que les citoyens européens mangent plus de légumes, de fruits, de céréales complètes, de légumineuses et de noix.
(© Shutterstock)

 
Combattre le gaspillage alimentaire

Une quantité encore trop importante de denrées alimentaires précieuses finit à la poubelle. C'est pourquoi la CE veut réduire de moitié le gaspillage alimentaire chez le consommateur et dans le commerce de détail d'ici 2050.

 
Acquérir davantage de connaissances et se faire entendre au niveau international

Pour permettre la transition, la CE prévoit 10 milliards d'euros pour la recherche et l'innovation. Les investissements nécessaires seront également consentis. En tant que principal importateur et exportateur agro-alimentaire, l'UE veut soutenir la transition mondiale vers des systèmes durables d'agro-alimentation. Elle défendra dès lors cette approche avec force lors du sommet de la nutrition pour la croissance (Nutrition for Growth) et du sommet de l'ONU sur les systèmes alimentaires en 2021.

La CE invite le Parlement européen et les États membres à approuver au Conseil la stratégie « de la ferme à la table ». Elle invite également tous les citoyens et les parties prenantes à participer à une large discussion sur une politique alimentaire durable.

 
Laissez-vous inspirer > 9 façons de nourrir le monde de manière durable