Une année record pour l'aide humanitaire


Publié le 15 juillet 2021
 

Des agricultrices de Sierra Leone inspectent leurs légumes.
Des agricultrices de Sierra Leone inspectent leurs légumes. 2000 familles d'agriculteurs vulnérables ont reçu un soutien de la Belgique via la FAO en 2020.
© FAO

 

Chaque jour, les travailleurs humanitaires sont prêts à aider des millions de personnes dans le monde. La Belgique, pour sa part, fait beaucoup pour soutenir l'aide humanitaire. À l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire, le 19 août, nous nous penchons sur ce que nous faisons exactement et pourquoi.
 

Record en temps de coronavirus

Même en temps de coronavirus, la Belgique continue de soutenir les plus vulnérables dans des situations d'urgence. En 2020, notre pays a même débloqué un montant record de 197 millions d'euros. Il s'agit d'une augmentation de près de 16 % par rapport à 2019, année où la Belgique a consacré 170 millions d'euros à l’aide humanitaire.

La Belgique a libéré 22 millions en réponse à la crise du coronavirus, entre autres dédiés à l'OCHA, le bureau des Nations Unies qui coordonne la réponse aux crises humanitaires. Selon le Global Humanitarian Assistance Report 2021, la Belgique se classe au 16e rang des principaux donateurs humanitaires du monde.
 

La solidarité comme devoir moral

La Belgique considère qu'il est extrêmement important de s'impliquer pour les personnes en situation d'urgence. « L'aide humanitaire est un devoir moral et l'expression de la valeur universelle de solidarité entre les peuples », explique Nora Loozen, responsable du service d'Aide humanitaire au SPF Affaires étrangères. « La Belgique s'inspire, pour son aide humanitaire, du droit humanitaire, des principes et bonnes pratiques de l'action humanitaire et du consensus européen sur l'aide humanitaire. »

Ce qui est frappant, c'est que le budget que la Belgique consacre à l'aide humanitaire n'a cessé d'augmenter ces dernières années. Cette augmentation reflète l'accroissement des besoins humanitaires, selon Nora Loozen. « Le nombre de catastrophes naturelles et de crises complexes liées à des conflits a fortement augmenté ces dernières années. Les crises sont plus longues et plus complexes. En raison de causes telles que le changement climatique, la crise alimentaire mondiale, la croissance démographique, l'urbanisation et d'autres phénomènes socio-économiques, une proportion croissante de la population, notamment dans le Sud, est plus susceptible de se retrouver dans une situation d'urgence. Les pandémies, l'incertitude économique et les conflits exercent une pression supplémentaire sur les populations les plus vulnérables. »

La majorité de l'aide humanitaire belge est destinée au Moyen-Orient, avec les conflits qui perdurent au Yémen et en Syrie. Lorsque la Belgique était membre non permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, elle a toujours plaidé pour un accès humanitaire sans entrave dans la région. En outre, la Belgique s'intéresse de près au Sahel. La région des Grands Lacs a également reçu un soutien remarquable, notamment la République démocratique du Congo.
 

Des familles de pasteurs au Niger ont reçu des aliments pour animaux en 2020.
Des familles de pasteurs au Niger ont reçu des aliments pour animaux en 2020. L'action faisait partie d'une enveloppe spéciale de 2,5 millions d'euros d'aide d'urgence dans le cadre de COVID par l'intermédiaire de la FAO.
© FAO
 

Types d'aide

La Belgique consacre donc beaucoup d'argent à l'aide humanitaire, mais en quoi diffère-t-elle de la coopération au développement ?  « La coopération au développement se concentre sur la lutte contre la pauvreté, tandis que l'objectif premier de l'aide humanitaire est de sauver des vies, d'atténuer les souffrances et de préserver la dignité humaine », selon Nora Loozen.

L'aide humanitaire diffère également de la coopération au développement en termes d'objectifs, de méthodes et souvent de régions. Par exemple, les travailleurs humanitaires sont souvent présents dans des zones où aucun acteur du développement n'est présent. Pour éviter tout malentendu : nos partenaires de l'aide humanitaire sont des organisations humanitaires, pas des États.

« Il est vrai que les crises humanitaires peuvent varier considérablement, allant de crises ponctuelles et soudaines à des crises chroniques qui peuvent durer plusieurs années », explique Nora Loozen. Ces crises peuvent être dues à des catastrophes naturelles, à des facteurs humains ou à une combinaison des deux. L'aide humanitaire belge ne se limite pas aux interventions d'urgence en cas de crise, mais soutient également les actions de préparation aux catastrophes (early warning, early action) et les actions de réhabilitation et de reconstruction.

 

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