Une gestion efficace des armes au Tchad et en Mauritanie


Publié le 27 avril 2021
 

Destruction de munitions
Des experts préparent un four pour détruire plus de 2 tonnes
de munitions obsolètes (Massaguet, Tchad, mars 2021).
© MAG

 

Un stockage adéquat des armes de petit calibre est essentiel pour renforcer la sécurité au Tchad et en Mauritanie. La Belgique soutient deux initiatives du Mines Advisory Group.

Carte du Sahel
© Shutterstock 
 

Le Sahel est une région d’Afrique de l’Ouest instable et frappée par la pauvreté. Selon une définition commune, il englobe la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad. Un grand nombre de groupes armés mènent leurs activités dans des zones périphériques où l’État est peu présent.

Le Tchad constitue une exception à la règle. Après un conflit qui a duré 35 ans, le pays a aujourd’hui trouvé une certaine stabilité et joue un rôle majeur dans la sécurité de l’ensemble de la région. La Mauritanie est aussi assez stable ; le pays se dirige progressivement vers un régime plus démocratique.

Toutefois, cette stabilité est loin d’être garantie. En effet, le Tchad est un carrefour régional du trafic d’armes, et les armes légères et de petit calibre y sont largement répandues. Des conflits sont également en cours dans la région du lac Tchad, à proximité de la capitale N’Djaména, mais aussi dans des pays voisins :la Lybie, le Soudan et la République centrafricaine. La Mauritanie partage quant à elle plus de 5 000 km de frontières poreuses avec l’Algérie, le Mali, le Sénégal et le Sahara occidental. Le pays constitue donc un lieu idéal pour le trafic d’armes.

Une gestion plus stricte des armes est donc essentielle pour préserver la stabilité dans les deux pays. C’est pourquoi la Belgique soutient deux projets de l’ONG internationale MAG (Mines Advisory Group). MAG est le co-fondateur du mouvement international pour l’interdiction des mines et le co-lauréat du prix Nobel de la paix en 1997. L’ONG a acquis des années d’expérience dans le Sahel.
 


L'arsenal financé par la Belgique qui a été transféré à
la « Garde Nationale et Nomade du Tchad » (GNNT) (Faya, septembre 2020).
© MAG

 

Tchad : arsenaux sûrs, destruction des munitions inutilisables, formation à la gestion des armes et éducation aux risques

Au Tchad, MAG s’est attelé au développement de 8 stocks gouvernementaux d’armes et de munitions. L’ONG a également formé le personnel étatique à la gestion d’armes et de munitions. La destruction du matériel inutilisable, à savoir 5 tonnes de munitions et 10 000 munitions pour armes de petit calibre, revêtait également une importance cruciale. Ces actions réduisent le risque d’explosion accidentelle.

Le pays abrite non seulement une quantité pharamineuse d’armes légères et de petit calibre, mais aussi des mines terrestres et « des débris de guerre explosifs ». C’est pourquoi MAG a formé 1 500 femmes, filles, garçons et hommes face aux risques posés par ce genre d’armes explosives. Par ailleurs, des jeux de cartes, sacs, posters et spots radio véhiculent des messages de sécurité. Cette initiative doit sensibiliser plus de 1,3 million de personnes à ces risques d’explosion.
 

Mauritanie : arsenaux militaires sûrs, formation à la gestion et au marquage des armes

En Mauritanie, MAG se concentre essentiellement sur le renforcement de la sécurisation du stockage d’armes. Aujourd’hui, les mesures de sécurité insuffisantes rendent le vol d’armes très facile. L’ONG entend remédier au problème grâce à un arsenal central davantage sécurisé et à 5 nouveaux arsenaux pour la police et la gendarmerie. Elle assurera également le développement rapide de 3 autres « arsenaux mobiles » une fois que l’armée sera présente dans une zone frontalière.

Les formations sont également essentielles. Les officiers doivent être parfaitement au courant de la gestion sûre des armes conformément aux normes internationales et aux bonnes pratiques. Le personnel de l’arsenal suivra également une formation.

Enfin, le marquage des armes constitue une composante importante du projet. En effet, en l’absence de marquage minutieux, il est aisé de faire circuler des armes. Le personnel de l’armée et d’autres forces de sécurité apprendra à apposer une marque indélébile sur les armes. Pour ce faire, le projet prévoit 2 machines de marquage portables.

Les 8 000 armes marquées figureront dans un fichier Excel. Par ailleurs, le projet vise l’élaboration d’une base de données nationale qui comprend toutes les armes marquées détenues par l’ensemble des forces de sécurité du pays. De cette façon, la Mauritanie disposera d’une vue globale de l’ensemble de ses armes dont la traçabilité compliquera leur échange.

Les deux projets se poursuivent en étroite collaboration avec les autorités nationales. Ils visent à contribuer à un cadre de vie sûr pour les habitants, une condition nécessaire pour la consolidation de la paix et un développement économique durable. Les projets belges s’inscrivent dans un cadre plus vaste qui bénéficie du soutien de l’Allemagne, des États-Unis et de l’Union européenne, entre autres.


Le service Consolidation de la paix du SPF Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement soutient les initiatives qui favorisent la coexistence pacifique.