Réunion du Groupe des amis de la Réforme du Secteur de la Sécurité: toespraak van minister Reynders

Intervention de Monsieur Didier Reynders
Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères

à la

Réunion du Groupe des amis de la Réforme du Secteur de la Sécurité 

Security Sector Reform in West Africa and the Sahel : Learning Lessons towards Sustaining Peace

New York, le 21 février 2018

 
Monsieur le Ministre,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Je vous souhaite la bienvenue et je remercie chacun d’entre vous pour sa présence à cette importante réunion, que j’ai l’honneur de co-présider avec mon homologue ivoirien.

En guise d’introduction, je voudrais partager avec vous l’analyse de la Belgique quant au débat qui nous occupe aujourd’hui et les actions que nous déployons sur un plan bilatéral comme multilatéral.

Au moment où le concept de « paix durable » est débattu par les Nations Unies, tout le monde s’accorde à dire que des forces de défense et de sécurité réformées sont une condition essentielle pour la sortie de crise durable.

J’espère donc que les conclusions de la réunion d’aujourd’hui puissent apporter une contribution utile et pertinente à la table ronde de haut niveau organisée par les co-présidents du groupe d’amis RSS le 23 avril et à travers elle, à l’événement de haut niveau sur la « paix durable » organisé par le Président de l’Assemblée générale les 24 et 25 avril.

Pour la Belgique, l’idée est simple, et c’est exactement ce que nous souhaitons faire si nous sommes élus au Conseil de sécurité des Nations Unies : travailler à renforcer notre institution commune que sont les Nations Unies et la rendre encore plus efficace dans son aide aux pays qui en ont besoin.

Comme chacun le sait, une importante mission de maintien de la paix en Afrique de l’ouest, à savoir l’ONUCI en Côte d’Ivoire, a récemment clôturé ses activités, et une seconde est sur le point de le faire au Libéria. Par ailleurs, plusieurs pays dans la région mènent leurs propres processus de réforme du secteur de la sécurité. Et la Belgique a d’ailleurs apporté sa contribution à certains de ces processus au Bénin, au Burkina Faso, au Niger et au Mali, pour ne citer que ces quelques exemples.

La CEDEAO, il faut le souligner, a également adopté un cadre régional en matière de RSS.

Enfin, il existe dans la région le réseau des Ecoles Nationales à Vocation Régionale, que la Belgique soutient également.

Nous pensons donc que la région possède une expérience riche, récente et variée et que celle-ci mérite d’être partagée avec l’ensemble des Nations Unies. Je crois que la Côte d’Ivoire est un cas éminent et je vous remercie, Monsieur le Ministre, d’avoir accepté de co-organiser cette réunion avec nous.

Monsieur le Ministre,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Ces dernières années, dans la zone sahélienne, et au Mali en particulier, pour faire face à la menace terroriste, les coopérations bilatérales se sont doublées d’un engagement multilatéral fort et multiforme. Là aussi, la Belgique a décidé de prendre sa part. Je pense évidemment à la MINUSMA – où nos soldats travaillent côte à côte avec leurs camarades ivoiriens –  mais aussi aux missions européennes de paix et de sécurité telles qu’EUTM Mali dont la Belgique a assumé le commandement jusqu’à fin janvier – et je salue la présence parmi nous du Général Laurent.

Ces efforts restent imparfaits et doivent être intensifiés.

Au Mali, la priorité aujourd’hui est de mettre en œuvre pleinement et de bonne foi l’Accord de paix et réconciliation, dit « Accord d’Alger », plus de deux ans après sa signature. J’étais d’ailleurs récemment à Alger et je sais à quel point tous les acteurs de la région s’inquiètent du manque de progrès dans la mise en œuvre de l’Accord de paix.

Aujourd’hui, tout doit être mis en œuvre pour que les forces armées et les forces de sécurité du Mali deviennent des agents de la paix durable et apportent une contribution au renforcement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire, et ce dans le respect de l’Etat de droit.

C’est un sujet d’actualité qui nous mobilise tous aujourd’hui mais la bonne nouvelle, c’est d’abord que le Mali n’est pas seul pour relever ces défis ; c’est ensuite que de nombreuses expériences de sortie de crise et de réforme du secteur de la sécurité sont à trouver dans la région, qui peuvent nous aider à éviter les erreurs du passé et nous éclairer sur le chemin de la paix durable.

Je vous remercie.