100 ans de relations diplomatiques avec la Hongrie

En 2022, la Belgique et la Hongrie célèbrent le centenaire de leurs relations diplomatiques. Notre pays saisit cette belle occasion de renforcer les liens d’amitié, sans pour autant éluder les divergences d’opinions.

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vue de Budapest

Vue de Budapest, la capitale de la Hongrie. © Shutterstock

Le 20 février 1922, l’ambassadeur hongrois, le comte Olivér Woracziczky, a présenté ses lettres de créance au ministre belge des Affaires étrangères, Henri Jaspar. Cette date marque le début d’un siècle de bonne entente.
 

Les trains d’enfants


Les liens entre nos deux pays remontent cependant à bien plus loin. Dès 1848, la jeune Belgique a accueilli de nombreux exilés hongrois après l’éclatement d’une révolution dans leur patrie.

Un autre élément marquant de notre histoire commune est ce qu’on appelle les « trains d’enfants ». Au sortir de la Première Guerre mondiale, 20 000 enfants hongrois ont trouvé refuge auprès de familles belges. Arrivés en train depuis la Hongrie, ils venaient dans notre pays pour reprendre des forces après les souffrances de la guerre. Ce thème fait actuellement l’objet d’une exposition au Musée historique de Budapest.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Hongrie a apporté une aide considérable à la Belgique occupée, principalement sous la forme de médicaments et de céréales. À nouveau, des familles belges ont accueilli des enfants hongrois pendant un temps. Après l’insurrection hongroise d’octobre 1956, la Belgique a offert accueil et logement à quelque 7000 réfugiés hongrois. Ce passé explique en partie pourquoi il existe encore aujourd’hui une importante communauté hongro-belge dans notre pays.

Son membre le plus célèbre est l’économiste belgo-hongrois Alexandre Lamfalussy, fondateur de l’Institut monétaire européen, précurseur de la Banque centrale européenne. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des pères de l’euro.

300 entreprises belges

Des rencontres ont régulièrement lieu au plus haut niveau. En 2002, par exemple, le roi Albert II et la reine Paola ont effectué une visite d’État en Hongrie. Six ans plus tard, le président hongrois Sólyom s’est rendu à son tour en Belgique.

L’adhésion de la Hongrie à l’OTAN en 1999 et à l’UE en 2004 a donné un nouvel élan à nos relations bilatérales. Les échanges commerciaux entre nos deux pays se sont intensifiés très rapidement. Aujourd’hui, on dénombre environ 300 entreprises belges actives en Hongrie, où la Belgique figure d’ailleurs parmi les dix plus grands investisseurs. La KBC, sans conteste notre principal investisseur, contrôle la troisième banque de Hongrie. Versele-Laga (alimentation animale) et GSK (industrie pharmaceutique) constituent d’autres exemples d’entreprises belges présentes en Hongrie.

En 2020, notre pays a exporté pour 2,9 milliards d’euros de marchandises, tandis que les importations en provenance de Hongrie ont atteint 2,6 milliards d’euros. Nos deux pays présentent des économies très ouvertes. C’est pourquoi nous sommes plus conscients que quiconque des énormes avantages offerts par le marché unique européen.

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Ministre Wilmès Budapest

Le 20 février 2022, le ministre Wilmès a inauguré une plaque commémorative sur le bâtiment qui a abrité la toute première ambassade de Hongrie en Belgique en 1922. À gauche, le ministre hongrois des affaires étrangères Péter Szijjártó et à droite l'ambassadeur hongrois Tamás Iván Kovács. © Thomas Daems

Présidence de l’Union européenne

La Belgique a assuré la présidence du Conseil de l’Union européenne au second semestre 2010, en trio avec la Hongrie et l’Espagne. Cette coopération en trio se répétera en 2023-2024, lorsque la Hongrie reprendra le flambeau de la Belgique à la mi-2024.

Ce 100e anniversaire offre l’occasion de renforcer les liens d’amitié entre nos pays et nos citoyens. Dans le cadre de l’UE, nous devrons relever ensemble les nombreux défis qui nous attendent, dans un esprit constructif. Pour autant, la Belgique ne passera pas sous silence les points de discorde.

Comme le résume Sophie Wilmès, ministre des Affaires étrangères : « Que les célébrations du centenaire soient l’occasion d’un dialogue entre partenaires et amis. Des amis qui peuvent discuter ouvertement de ce sur quoi ils ne sont pas d’accord. Des partenaires, aussi, qui doivent partager la responsabilité de notre projet européen, fondé sur des valeurs et des principes communs. »