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La situation socio-politique au Burkina Faso
Le Burkina Faso se situe dans le Sud de la zone sahélienne et ne possède pas d’accès à la mer. La rareté et la mauvaise répartition des pluies provoquent des migrations fortes des populations, principalement du nord et du centre vers les villes, le sud-ouest et vers les pays voisins.
On dénombre plus de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays.
Une situation sécuritaire dégradée
La violence perpétrée par les groupes armés non étatiques a occasionné la fermeture d’écoles et de centres de santé. Les sociétés minières et sites d’orpaillage sont de plus en plus souvent pris pour cible, l’exploitation aurifère traditionnelle et industrielle offrant de potentielles sources de financement aux groupes armés.
Cette dégradation de la situation sécuritaire a entraîné une crise humanitaire et un déplacement important de populations.
Les putschs du 24 janvier 2022, puis du 30 septembre 2022 ont mené à l’instauration d’un gouvernement de transition.
De nombreux défis pour le développement
De nombreux défis caractérisent le Burkina Faso et notamment le développement du monde rural, à savoir :
- l’importance de la population active dans l’agriculture ;
- la vulnérabilité aux catastrophes naturelles et au changement climatique ;
- les enjeux liés à l’environnement ;
- les crises alimentaires récurrentes ;
- les enjeux démographiques ;
- les inégalités sociales et économiques, les inégalités de genre, les problèmes de mobilisation de ressources publiques, la qualité des services sociaux ;
- la pression sur les acteurs de productions face aux nouveaux usages et les inégalités d’accès, notamment l’accès à l’eau et au foncier ;
- la fragilité accrue du pays et la dégradation de la cohésion sociale, de la paix et de la légitimité de l’Etat.
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La coopération belge au développement au Burkina Faso est mise en œuvre par différents canaux :
auxquels s'ajoute le volet :
La coopération gouvernementale
La coopération gouvernementale belge pour le développement au Burkina Faso vise à améliorer les conditions de vie de la population burkinabè.
Depuis la reprise de la coopération en 2015, notre pays s’est engagé à soutenir structurellement le développement démocratique et socio-économique du pays à travers deux axes :
- une croissance économique durable et inclusive ;
- une approche basée sur les droits humains.
Dans le cadre du programme de coopération bilatéral actuel, la Belgique collabore dans la région du Centre-Est et à Fada N’Gourma ainsi que dans la région du Centre-Nord et Plateau Central du Burkina Faso afin de renforcer la résilience socio-économique, l’accès aux services de base et la cohésion sociale des populations vulnérables, en travaillant sur quatre domaines de changement :
- l'autonomisation socio-économique des jeunes et des femmes ;
- l'accès équitable aux services sociaux de base (santé, éducation, eau et assainissement) ;
- la prévention et gestion des conflits ;
- la planification et gestion urbaine et territoriale intégrée et inclusive.
Le programme bilatéral actuel se veut flexible, mettant en œuvre des approches innovantes comme l’approche territoriale intégrée, la multisectorialité et le triple nexus.
Le climat
Le portefeuille Climat au Sahel contribue à répondre aux défis du Burkina Faso dans le secteur agropastoral. Ce soutien contribue à :
- l’amélioration de la gestion intégrée des ressources naturelles ;
- la restauration de manière durable des écosystèmes naturels.
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La coopération non gouvernementale
Les organisations de la société civile locale jouent un rôle important au Burkina Faso et sont nos partenaires. Toutefois, leur développement est de plus en plus menacé par les débats sur la qualité et l’efficacité de leur action.
La restriction croissante de la liberté d’expression, de réunion et d’association menace également ces organisations.
5 cibles stratégiques
Les acteurs belges de la coopération non gouvernementale actifs au Burkina Faso travaillent en collaboration avec la société civile locale.
Leurs cibles stratégiques actuelles sont :
- promouvoir, avec la participation des femmes et des jeunes, un secteur agricole performant, durable et basé sur l’agriculture familiale pour assurer des systèmes alimentaires durables ;
- promouvoir des dynamiques émergentes durables qui intègrent les questions environnementales et les changements climatiques ;
- améliorer de manière inclusive et durable l’état de santé et de bien-être des populations, et leur accès à des services d’eau, d’hygiène et d’assainissement, en particulier les catégories les plus vulnérables ;
- améliorer l’accès à la culture, à l'éducation et à une formation de qualité par des approches innovantes visant à favoriser le développement inclusif et durable de la société ;
- améliorer les capacités de maîtrise concertée du territoire pour des institutions publiques garantes d’une gouvernance digne d’un Etat de droit. Une gouvernance participative favorisant un accès adéquat de la population, en particulier les femmes et les enfants, à la citoyenneté, aux biens et services publics.
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Les organisations locales burkinabè collaborent étroitement pour atteindre les cibles stratégiques, tant les organisations de la société civile que les institutions publiques. Le principal objectif des ACNG belges est de renforcer la société civile locale afin de réduire les inégalités.
La coopération multilatérale
La Belgique soutient également la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable au Burkina Faso, via ses partenariats avec les agences des Nations Unies, la Banque mondiale et l’Union européenne.
Cette coopération multilatérale se concrétise principalement via une politique de core funding soit des contributions aux moyens généraux de nos organisations partenaires ce qui permet un ciblage flexible, en fonction des besoins les plus importants.
Pour en savoir plus sur les activités de nos partenaires multilatéraux au Burkina Faso et leurs contributions aux ODD, référez-vous aux sites des agences mêmes :
- UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
- UNDP, le programme de Développement des Nations Unies
- UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour les populations
- UNWOMEN – ONU Femmes
- FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
- OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé
- ILO, l’Organisation Mondiale du Travail
- IOM, le Bureau national de l’Organisation mondiale pour les Migrations
- OHCHR, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme
- UNAIDS, le Programme commun des Nations Unies pour le VIH/Sida
- CGIAR, le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale
- UNEP, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement
Une autre dimension de notre coopération multilatérale au Burkina Faso est le soutien aux initiatives plus spécifiques (earmarked) ou multi-donneurs telles que:
- le projet FAO dans le secteur agricole sur la résilience des ménages vulnérables face aux effets du changement climatique
- le projet CGIAR - Nature+Initiative mené autour de solutions positives pour des pratiques agricoles durables
- GAVI, l’Alliance pour la Vaccination
- GPE, le Partenariat mondial pour l’Education
- GFATM, le Fonds Global
- GEF, le Global Environment Facility
- LDCF, le Fonds pour les Pays les moins avancés
- GCF, Green Climate Fund
- le Programme des Jeunes Experts Associés « JPO » des Nations Unies
Enfin, notre pays contribue fortement aux projets menés par l’Union européenne et les banques de développement suivantes :
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L'aide humanitaire
Le Burkina Faso est un pays fragile qui se classe parmi les 10 pays les plus pauvres du monde et où la situation humanitaire s'est dramatiquement détériorée depuis 2020 en raison d'un conflit interne avec une violence armée répandue dans tout le pays.
Plus de 1,8 millions de personnes ont été contraintes de fuir les violences. Plus de 3,5 millions de la population ont besoin d'une aide humanitaire.
La Belgique était le troisième plus grand donateur humanitaire au Burkina Faso en 2021. La Belgique a contribué à un fonds régional pour le Sahel géré par les Nations unies afin de fournir une aide humanitaire au Burkina Faso de manière rapide et flexible.
En outre, la Belgique finance plusieurs programmes de protection et d'assistance à la population du Burkina Faso, avec une attention particulière pour les personnes qui ont dû quitter leur foyer en raison du violent conflit.
Le développement transitionnel et Gouvernance
La Belgique a lancé plusieurs projets, notamment pour adresser les causes profondes de fragilité et améliorer la résilience des jeunes entre 15 et 24 ans.
Au Burkina Faso, la Belgique consulte de manière régulière d'autres acteurs de la coopération au développement (organisations locales, autres donateurs, autres ONG) à propos des thématiques suivantes :
- le renforcement de l'appropriation démocratique des partenaires ;
- l'alignement sur leurs politiques, procédures et systèmes de gestion ;
- l'harmonisation avec les autres donateurs ;
- la gestion orientée résultats ;
- la responsabilité mutuelle ;
- une meilleure prévisibilité des moyens.